Indira Priyadashini Gandhi est née le 19 novembre 1917 à Allahabad dans l’Uttar Pradesh. Elle est la fille de Jawaharlal Nehru. Quand elle a 2 ans, son père s’engage dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde aux côtés de Gandhi. Ses parents sont plusieurs fois emprisonnés par les britanniques et ces événements auront une influence considérable sur la jeune Indira.
Alors qu’elle n’a que 11 ans elle créé la Brigade des Singes. Ce groupe d’enfants avait notamment pour tâches de surveiller la police et de distribuer des tracts indépendantistes. Élève à Pune, Indira rend souvent visite à Gandhi dans sa prison.
À 17 ans la jeune fille part pour l’Angleterre et la Suisse afin de poursuivre sa scolarité. En 1936 sa mère meurt en Suisse. Indira ne rentre en Inde qu’en 1938 pour y terminer ses études. Elle s’inscrit au Parti du Congrès et rencontre Feroze Gandhi qui deviendra son mari en 1942.
De leur union naîtront deux fils : Rajiv et Sanjay.
Le 11 septembre 1942, peu de temps après leur mariage, Indira et Feroze sont emprisonnés pendant huit mois à Allahabad en raison de leurs activités indépendantistes. Ce sera le seul séjour carcéral d’Indira.
Feroze et Indira Gandhi
Le 15 août 1947 l’Inde devient indépendante et Jawaharlal Nehru est nommé Premier Ministre. À la demande de son père veuf, Indira apparaît à ses côtés lors des déplacements et des représentations officielles.
Bien que dans l’ombre de son père, elle gagne en influence et prend la tête de diverses organisations.
En 1960 son mari, dont elle était séparée depuis quelques années, meurt. Puis son père disparaît à son tour en 1964. Elle devient alors ministre de l’information et des communications du gouvernement Shastri. Lorsque ce dernier meurt d’une crise cardiaque en 1966, Indira Gandhi est désignée à la tête du Parti du Congrès et remporte les élections l’année suivante. Elle doit cependant composer avec l’aile droite de son parti ce qui ne manque pas de poser de nombreux problèmes et provoque chez elle la naissance d’une certaine paranoïa. Ces difficultés ne l’empêchent pas d’emmener l’Inde sur la voie de la modernisation industrielle et agricole (programme spatial et nucléaire, révolution verte...) et d’obtenir plusieurs victoires militaires contre le Pakistan notamment lors de la création du Bangladesh en 1971.
Son parti remporte les élections de 1971 avec un écrasante facilité. Mais les électeurs sont vite déçus par les promesses non tenues, la corruption galopante et les mesures impopulaires. De nombreuses grèves et manifestations éclatent en 1973 et les opposants d’Indira Gandhi portent plainte pour corruption et fraude électorale. En 1975 la Cour Suprême de Allahabad retient les charges contre elle et lui ordonne de démissionner et la condamne à 6 ans d’inéligibilité.
Sanjay et Indira Gandhi
Persuadée d’être la cible d’un complot, Indira Gandhi refuse et décrète l’état d’urgence le 25 juin 1975. Elle fait emprisonner ses opposants et censure la presse. Son fils Sanjay en profite pour mettre en place un programme de stérilisation forcée pour limiter l’accroissement démographique.
Début 1977, convaincue de sa popularité, elle organise des élections législatives mais elle est sévèrement battue et écartée du pouvoir. En 1978 elle forme le Parti du Congrès (I) - I pour Indira. Son fils Sanjay devient son principal conseiller et en 1980 elle revient au pouvoir après la victoire de son parti.
L’année 1980 est aussi marquée par la disparition de Sanjay dans un accident d’avion. À peine élue, Indira Gandhi doit faire face à de nombreux problèmes liés aux revendications séparatistes de certains états de l’Inde, notamment au Penjab. Cet état regroupe en effet la majorité des sikhs vivant en Inde. Pendant 4 ans Jarnail Singh Bindranwale, leur leader, ne cessera de harceler par la violence le pouvoir central en revendiquant la création d’un état sikh.
En juin 1984, lassée, Indira Gandhi ordonne l’assaut du Temple d’Or, le sanctuaire des sikhs à Amritsar, où se sont réfugiés Bindranwale et ses plus farouches partisans : c’est l’Opération Bluestar. Plus de 600 séparatistes, dont Bindranwale, sont tués et le temple est endommagé. Ce coup d’éclat attise la haine des sikhs envers Indira Gandhi.
Le 31 octobre 1984, deux des plus proches gardes du corps sikhs d’Indira Gandhi, et dont elle n’avait pas voulu se séparer, l’abattent dans les jardins de sa résidence. Cet assassinat embrase le nord de l’Inde. Les sikhs sont pourchassés et parfois lynchés. Les émeutes provoquent la mort d’un millier de personnes avant le retour au calme.
C’est Rajiv Gandhi qui prendra la succession de sa mère à la tête de l’Inde.

Indira Gandhi aura durablement marqué la vie politique et économique de l’Inde, pour de bonnes raisons car elle a permis à l’Inde de subvenir à ses besoins et de devenir une réelle puissance régionale, mais aussi pour de mauvaises raisons car elle a souvent abusé de son pouvoir et n’a jamais lutté contre la corruption.