La musique indienne telle que nous la connaissons aujourd'hui est le résultat d'une tradition culturelle et artistique vieille de plusieurs milliers d'années et transmise de générations en générations.

Les vicissitudes de l'histoire font que la musique "classique" indienne s'est divisée en deux grandes écoles : la musique hindustanique (du nord) et la musique carnatique (du sud). Cette séparation géographique, qu'on situe au niveau de la ville d'Hyderabad (Andhra Pradesh), a pour origine l'implantation des différents conquérants, notamment les Moghols, qui ont influencé les arts indiens. Elles n'en conservent pas moins de nombreux points communs dont deux principaux qui forment la base de la musique indienne : le raga (la mélodie) et le tala (le rythme).

Un raga est une courte trame mélodique de cinq à sept notes de musique (appelées sa, re, ga, ma, pa, dha et ni). À part sa et pa, les notes peuvent se jouer sur deux ou trois tons différents. Il y a un mouvement ascendant et un mouvement descendant, l'ensemble étant assez complexe dans sa structure. En musique carnatique il y a 72 ragas de base (les melas) sur lesquelles sont construits les autres, en musique hindustanique il y en a 10.
Le musicien doit suivre ce mode pour établir son interprétation et sa composition. Il est important de noter que l'improvisation joue un grand rôle dans la musique indienne et que l'habileté du musicien à improviser sur un raga montre sa maîtrise et sa créativité.
Le raga est donc plus qu'une simple succession de note. Il indique la manière dont les notes seront jouées et l'humeur du musicien. Le raga est lié à une émotion, à une saison ou à un moment de la journée.

Un tala est un cycle rythmique qui soutient un raga. Ce rythme,de 3 à 108 battements, est donné par un percussionniste. Plusieurs talas peuvent avoir un même nombres de battements, seuls leurs divisions varient. Par exemple un tala de 14 battements pourra être joué 5+5+4 ou 2+4+4+4, etc... Les talas portent des noms (Adi, Dhamar, Chanchar...). Le premier temps d'un cycle rythmique est appelé Sum. Il sert de point de référence.

 

La musique carnatique a été unifié au début du siècle. Le cours d'un concert suit un développement assez précis. Il commence souvent par un varnam qui va en quelque sorte présenter le raga. Il est joué en deux parties : le purvanga et l'uttaranga. Vient ensuite le kriti, joué sur un raga et un tala fixe. Le kriti est lui aussi composé de plusieurs parties : le pallavi, l'anupallavi et le charanam. La fin d'un concert est en général composé par un ragam (improvisation sur un raga sans percussion), un tanam (une autre improvisation) puis un pallavi (mélodie pré-composée avec percussion).
Quelques grands musiciens et compositeurs de musique carnatique : Tyagaraja, Shyama Sastri, Muthuswamy Dikshitar, Swati Tirunal, Uttukadu Venkatasubbaiar, Mysore Vasudevachar, Narayana Teertha, Gopala Krishna Bharati.

 

À l'inverse, la musique hindustanique n'est pas unifiée. Elle est traversée par de nombreux genres (les gharanas). Chacun d'eux portent un nom (Dhrupad, Khyal, Thumri, Tappa, etc...) et ils ont un des styles et des compositions différents. Le concert commence par un alap sur un rythme lent, puis vient ensuite un jhod et un jhala dont le rythme augmente à chaque fois. La seconde partie du concert est formée d'un gat où les percussions entrent en jeu sur un tala choisi. L'artiste peut improviser sa mélodie mais il reste attaché au tala.
Quelques grands maîtres de musique hindustanique et leurs instruments : Ustad Bismillah Khan (shennai), Pandit Ravi Shankar (sitar), Ustad Ali Akbar Khan (sarod), Pandit Shivkumar Sharma (santoor), Pandit Ram Narayan (sarangi), V.G.Jog (violon), et Ustad Alla Rakha (tabla).

 
 

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Les principaux instruments

LE SITAR

Instrument à cordes dérivé de la vîna, il est sans doute le plus populaire en Inde. Il est fabriqué avec du bois de teck et il a six ou sept cordes principales et une vingtaine de cordes vibrant par résonance. Le joueur utilise un médiator pour jouer. Ravi Shankar a révolutionné le jeu du sitar et il a popularisé la musique indienne dans le monde entier.

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LE SAROD

Le corps du sarod, fabriqué en teck, est incurvé et la caisse est recouverte par une peau de chèvre. Le joueur se sert d'un médiator pour gratter les cordes en métal. Il y en a quatre principales et une quinzaine de secondaires.

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LE TANPURA

Cet instrument est appelé tanpura en Inde du nord et tambura en Inde du sud. Il dispose de quatre à six cordes. Il sert surtout à assurer le bourdon lors d'un récital.

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LE SARANGI

Cet instrument est utilisé avec un archet. Le joueur utilise trois ou quatre cordes naturelles principales pour jouer la mélodie et plusieurs dizaines en métal comme cordes de résonance. Il est souvent utilisé comme instrument d'accompagnement aux côtés d'un chanteur. C'est un instrument très apprécié car il s'adapte à beaucoup de styles musicaux et peut produire une large palette de sons et de tons. Contrairement au violon, le joueur ne pince pas les cordes avec le bout des doigts mais avec l'ongle ou avec la peau qui se trouve au-dessus de l'ongle ! Il est utilisé en Inde du nord.

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LE SANTOOR

cet instrument est originaire du Cachemire. Plus d'une centaine de cordes naturelles ou en métal sont tendues sur une boîte creuse en forme de trapèze en bois. Elles sont soutenues par une trentaine de chevalets. Il y a trois ou quatre cordes par chevalet réglées sur la même note. Le joueur les frappe à l'aide de deux petits maillets. Il joue assis, son instrument sur les genoux. La partie la plus large est placée du côté du musicien.

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LE NAGARA

C'est un instrument à percussion en forme de chaudron, d'environ 60 cm de diamètre. Le joueur frappe le nagara avec deux baguettes. On le retrouve souvent comme accompagnement du shennai.

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LE TABLA

Le tabla est composé de deux petits tambours d'environ 25 cm de haut. Le joueur les frappe avec la base de la paume et avec le bouts des doigts. Il peut ainsi créer une grande variété de sons. Le petit tambour est appelé dayan et est joué de la main droite. Il a une forme conique, presque cylindrique et est en bois. Le gros tambour est appelé bayan et est joué de la main gauche. Il a une forme de chaudron et est en métal.

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LE PAKHAWAJ

C'est un long tambour de bois tenu horizontalement et frappé au deux extrémités de diamètre différent. Il est surtout utilisé en Inde du Nord.

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LE MRIDANGAM

Très similaire au pakhawaj, il est joué en Inde du Sud. C'est d'ailleurs l'instrument à percussion le plus utilisé en musique carnatique.

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LE DHOLAK

Gros tambour cylindrique en bois, le dholak est utilisé en Inde du nord comme instrument d'accompagnement.

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LE TAVIL

C'est un tambour frappé sur les deux côtés qui accompagne souvent le nagaswaram. Le joueur le tient horizontalement. Le côté droit est frappé avec les doigts recouverts de dé en métal, le côté gauche est frappé avec une baguette. Des bandes de cuir entourent le tambour en son milieu et permettent de régler la hauteur du son produit.

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LE SHENNAI

Le shennai est une sorte de hautbois populaire disposant de deux anches. Il y a huit ou neuf trous. Les sept premiers servent à jouer et les autres sont là pour le diapason. Il est surtout utilisé en Inde du nord et le son qu'il produit est considéré comme de bon augure. C'est pourquoi on le retrouve souvent pour les mariages. En Inde du Sud, il est un peu plus long et est appellé nagaswaram.

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L'HARMONIUM

Ce n'est pas un instrument natif de la culture musicale indienne. Apporté d'Europe au 19è siècle, il a néanmoins rapidement trouvé sa place dans la musique hindustanique. Rarement assis, les musiciens indiens utilisent un harmonium disposant d'un soufflet actionné à la main.

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