'histoire de l'Inde est l'une des plus anciennes du monde. Précisons tout d'abord que le territoire “historique” de l'Inde ne se limite pas aux frontières actuelles mais englobe le sous-contient dans son ensemble c'est-à-dire l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh.
Les spécialistes de l'Inde ont pour habitude de diviser le pays en deux parties : le nord et le sud. L'Inde du Nord est constituée par les bassins de l'Indus et du Gange (la plaine Indo-Gangetique), l'Inde du Sud est formée par le gigantesque plateau du Deccan. Les plaines alluviales du nord ont formé un environnement propice au développement de ce que l'on a appelé les civilisations de l'Indus puis du Gange. L'Indus coule du nord de l'Inde vers le sud-ouest du Pakistan. Le Gange traverse l'Inde du Nord depuis l'Himalaya vers le Golfe du Bengale (voir carte).

 

L'Inde paléolithique

es plus anciens objets ont été retrouvés dans le nord du Pakistan et sont âgés de deux millions d'années. Le désert du Thar (à la frontière indo-pakistanaise) est un haut-lieu archéologique. De nombreux outils vieux de 400 000 ans ont été retrouvés à cet endroit. Les études géologiques ont montré que ce désert fut une zone humide entre -140 000 et -25000 ans et fut sans doute un endroit propice à la chasse.

 

L'Inde néolithique

es fouilles conduites à Mehrgarh, au bord du système de l'Indus, ont permis de mettre à jour des colonies d'habitations humaines. Il semble qu'il y ait eu deux périodes d'occupation. La première entre le 8è et le 6è millénaire avant J.-C. et une autre entre le 5è et le 4è millénaire avant J.-C. La première période a vu le développement d'une agriculture primitive, d'ateliers de fabrication et de réseaux de commerce. La deuxième période fut caractérisée par un probable événement tectonique. Vers -5500, une grande quantité de limon fut déposée sur les terres de Mehrgarh. L'utilisation de la poterie se répandit plus largement et les greniers furent de plus en plus utilisés. Les murs de briques retrouvés suggèrent l'édification d'importants bâtiments. Le travail du cuivre et de l'ivoire fit son apparition.

Dans la vallée du Gange, des sites datant du 7è millénaire avant J.-C. ont été retrouvés.
Dans la péninsule elle-même, les premières colonies apparurent au début du 3è millénaire avant J.-C. Ces colons étaient semi-nomades et étaient à la tête de troupeaux de zébus.

 

L'urbanisation de la vallée de l'Indus

ers -5000 avant J.-C., la frontière indo-pakistanaise voit le développement de nombreuses colonies. Ces communautés étaient basées sur la culture du blé et de l'orge, sur l'élevage de chèvres et de bétail et sur le travail du cuivre et du bronze.
Vers le milieu du 4è millénaire ces communautés commencent à se répandre dans la vallée de l'Indus en établissant des relations entre elles. Ce phénomène dura environ 500 ans et aboutit à une urbanisation de la société. Le site d'Harrapa en est l'un des meilleurs représentants.
Sur les poteries retrouvées, les archéologues ont noté la présence de peinture à caractère religieux et d'inscriptions ressemblant à une écriture même si ce terme semble impropre.
Ce long processus permit la naissance de la civilisation de l'Indus que les historiens datent d'environ -2500 avant J.-C.
À cette époque les villes de l'Indus, de taille variable, étaient réparties sur une superficie au moins aussi grande que celle du Pakistan actuel. Le matériau de construction employé était surtout la brique. La pierre était rarement utilisée. L'uniformité culturelle de la civilisation de l'Indus coïncidait probablement avec une unité politique et administrative, probablement très puissante vu l'étendue du système de l'Indus. Cependant la structure même de ce système politique et social fait toujours l'objet d'hypothèses. Les quelques sites extérieurs au système de l'Indus servaient de ports ou de villes de commerce vers le Golfe Persique.
La situation géographique favorable de la vallée de l'Indus permettait la culture de riz, de dates, de melons, de plantes légumineuses, etc... Le coton était également cultivé pour la confection de textille. L'élevage était principalement celui du bétail, de chèvres, de moutons, de cochons. Les chameaux les ânes étaient utilisés comme bêtes de somme.
Le cuivre et le bronze étaient largement employés pour la manufacture des outils. Les autres métaux (or, argent, plomb) étaient plus rarement utilisés. Les poteries étaient produites en masse.
Cette utilisation de matériaux divers a nécessairement provoqué l'établissement de relations commerciales avec les autres peuples vivant hors de la vallée de l'Indus, notamment avec la Mésopotamie. Ces relations ont probablement nécessité le développement de moyens de communications. L'écriture employée alors reste entourée de mystère même si les experts s'accordent pour dire qu'elle n'était pas d'origine indo-européenne. Elle s'apparenterait plutôt aux langues dravidiennes encore parlées dans le sud de l'Inde. L'écriture était constituée de signes lus de droite à gauche mais on ne sait pas s'ils étaient de type idéographique, logographique ou autre.
La religion était déjà typiquement indienne. On présume que les fidèles priaient un Grand Dieu et une Grande Mère. Les attributs de ces deux divinités sont comparables à ceux des divinités hindoues Shiva et Parvati. Il est probable que certains animaux, tels le taureau et le tigre, faisaient l'objet de culte.
Des traces de rites funéraires ont été découvertes. Il semble que les habitants enterraient leurs défunts et croyaient en une vie après la mort.

 

Le déclin de la civilisation de l'Indus
et l'arrivée des aryens

e déclin du système de l'Indus s'est produit en plusieurs étapes, sur au moins cent ans entre une période estimée à -2000 et -1750 ans. Les experts discutent encore des causes exactes qui l'ont provoqué. Quatre hypothèses se distinguent : une modification environnementale profonde; une modification tectonique qui aurait entraîné d'importantes inondations ou un assèchement; des invasions venues de l'ouest; ou alors un agent dévastateur comme une maladie épidémique.

La principale modification de l'environnement culturel des peuples de la vallée de l'Indus fut l'arrivée des aryens. Ces peuples étaient originaires des steppes de la région de la mer Caspienne. (Il convient de préciser que ce terme d'aryen est employé ici dans son acception première et n'a aucun rapport avec l'usage qu'en firent abusivement les nazis pour désigner la soit-disant "race supérieure").
Il semble certain qu'ils étaient présents à la frontière du système de l'Indus vers -2000 ans. Petit à petit ils ont conquis les villes de l'Indus et se sont enfoncés dans la péninsule indienne vers l'est et le sud. À partir de -1000 ans, les principes fondateurs de l'hindouisme font leur apparition grâce à la prédominance de la caste de brahmanes. C'est à cette époque que sont rédigés en sanskrit les Vedas, textes sacrés de l'hindouisme. Les Vedas sont au nombre de quatre : le Rigveda, le Yajurveda, le Samaveda et le Atharvaveda.
La littérature sacrée s'étoffa entre -800 et -500 ans. Les textes servaient de base à la vie religieuse bien sûr mais aussi à la vie sociale ce qui renforçait le pouvoir des brahmanes, seuls habilités à apprendre les Vedas.
C'est entre -500 et -300 ans que sont rédigées les deux grandes épopées hindoues : le Mahabharata et le Ramayana. Ces textes sont basés sur des légendes et des faits historiques mais ces derniers sont très difficiles à dater en raison des nombreuses réécritures.
Cette période voit également une évolution politique puisque la notion de clans et de tribus est peu à peu abandonnée au profit de celle de royaume et plus largement d'état. Le roi n'est plus alors un simple chef de guerre mais l'incarnation de l'autorité et du pouvoir sur le territoire. Cette autorité est affirmée par de grandes cérémonies et elle devient héréditaire. Cette nouvelle hiérarchie sociale renforce le pouvoir de l'aristocratie et des prêtres Ces derniers, en s'appuyant sur les Vedas, divisent la société en classe : les Brahmanes (prêtres), les Ksatriyas (aristocratie), les Vaishyas (le peuple ordinaire) et les Shudras (les serviteurs). Ils semblent que les Shudras étaient les non-aryens au service des classes supérieurs. Ils n'étaient cependant pas considérés comme des esclaves.
Après avoir progressivement envahi le nord de l'Inde, la vallée du Gange et une bonne partie du Deccan, les aryens se partageaient 16 états principaux. Le système politique était de type monarchique ou oligarchique. Les changements politiques et sociaux furent accompagnés d'une remise en question des traditions religieuses. De nombreuses sectes firent ainsi leur apparition. Seules deux d'entre elles se développèrent suffisamment pour prendre le statut de religion majeure : le bouddhisme et jaïnisme. Elles étaient toutes deux opposées aux sacrifices d'animaux et prêchaient la non-violence.
Au 6ème et au 5ème siècle av. J.-C. les états les plus puissants se battent pour prendre le contrôle du Gange. Bimbisara, roi du Magadha, sort victorieux de cette confrontation et s'empare des voies d'accès au delta du Gange et donc des voies de commerce. Il fut l'un des premiers souverains de l'Inde à développer une administration efficace. Ajatasatru, fils de Bimbisara, renforce le pouvoir du Magadha sur la basse vallée du Gange. À sa mort en -459, la dynastie perd de son influence et est remplacée par celle des Mahapadma Nanda.

 

Alexandre le Grand

n -327 Alexandre le Grand, après s'être emparé du royaume des Achéménides en Perse, franchit l'Indus et s'empare du Gandhara. Mais ces troupes, à bout de forces, refusent de s'aventurer plus loin. Alexandre établit tout de même un certain nombre de colonies grecques qui améliorèrent le commerce vers l'Asie Mineure. C'est avec l'arrivée d'Alexandre que l'histoire de l'Inde commence à être datée avec précision.

 

L'empire des Maurya

ntre -325 et -321 Chandragupta renverse les Nanda et mène des campagnes souvent violentes dans le nord et le centre de l'Inde. C'est ainsi qu'il constitue le premier empire de l'Inde. Chandragupta ira jusqu'à combattre les Séleucides en Iran. Ces provinces lui seront cédées après la signature d'un traité.
Kautilya, premier ministre de Chandragupta, rédige en sanskrit son célèbre ouvrage sur la vie politique et économique : l'Arthasasthra. Il y décrit le gouvernement idéal et développe des théories économiques. Il prônait par exemple l'irrigation et la colonisation des terres non cultivables par les Sudra.. L'application de ce principe provoquera d'importants mouvements de population.
Selon les jaïnas, Chandragupta se convertit au jaïnisme puis abdiqua en faveur de son fils Bindusara. Ce dernier monte sur le trône en -297. Il étend l'empire vers le sud de l'Inde jusqu'au Karnataka.
Ashoka, fils de Bindusara, prend la succession en -273 environ. Ashoka est connu pour le nombre impressionnant de décrets qu'il rédigeait. En -260 il mène une guerre sanglante contre les Kalinga. Cet affrontement aura surtout pour conséquence la prise de conscience d'Ashoka pour la non-violence prêchée par le bouddhisme. Après s'être converti, il enverra des missions au Sri Lanka.
L'empire Maurya atteint son apogée. La cohésion de l'empire était maintenue par le contrôle de l'administration. L'empire est divisé en quatre grandes provinces elles-même divisées en districts. Le village constitue la base administrative. Ashoka se sentait très proche de son peuple et cherchait toujours à connaître son opinion.
Ashoka s'éteint en -232. L'empire décline alors très rapidement et en moins d'un demi siècle l'empire est réduit à la vallée du Gange. La raison de cette désintégration reste sujet à controverses. Il peut s'agir de la conséquence de la conversion au bouddhisme d'Ashoka, celle-ci aurait provoqué la colère des brahmanes. Mais une faiblesse soudaine de l'économie semble être une raison plus probable. Les dépenses liées au maintien de l'armée et de l'administration sur un territoire de plus en plus vaste auraient considérablement vidé les caisses. D'autre part la production agricole n'aurait pas suivi le développement démographique.
En -185 le dernier Maurya, Brhadratha est assassiné par Pusyamitra, un brahmane qui fondera la dynastie des Sunga. Ceux-ci contrôlent l'Inde gangétique pendant que Demetrius, roi de Bactriane entre -190 et -167, prend d'assaut l'Inde du nord-ouest.
Les Sunga sont à leur tour renversés par les Kanva (de -73 à -25) et les Bactriens sont chassés par les Saka. Ces derniers arrivèrent en Inde poussés par les Huns d'Asie Centrale. Puis ce sont les Kushana qui repoussent les Saka vers le sud. Ces vagues successives d'envahisseurs se poursuivent jusqu'au deuxième siècle de notre ère. Après être monté sur le trône en 78, Kanishka mène l'empire Kushana à son apogée. Le royaume occupe essentiellement le nord et s'étend vers le sud le long de la vallée du Gange. L'influence de l'empire s'étendit également vers l'Asie Centrale mais les successeurs de Kanishka seront incapables de maintenir la cohésion du territoire. Au troisième siècle il se disloquera sous les coups de boutoirs des Sassanide venus de Perse.

 

Au sud

a zone d'influence des tamouls est appelée Tamilakam. Celui-ci est divisé en 13 districts. À l'époque des Maurya les trois principaux dirigeants du Tamilakam sont les Pandya (à Madurai), les Chera (côte de Malabar) et les Chola (à Thanjavur). Ces trois familles étaient fréquemment en guerre les unes contre les autres mais aussi avec le Sri Lanka. D'importants échanges économiques et culturels eurent lieu et la littérature sangam connut son âge d'or. Finalement la région tomba aux mains des Kalvar venus du nord du Tamilakam. Ceux-ci furent renversés par les Chalukya et les Pallava au 5ème siècle.

 
 
L'empire des Gupta

a période Gupta est considérée comme l'âge classique de l'Inde sur le plan culturel et philosophique. La dynastie est fondée par Chandragupta I en 320. On ne sait pas très bien si cette date correspond à son accession au trône ou à l'indépendance de son territoire. Toujours est-il qu'il laisse le pouvoir à son fils Samudragupta en 330. Il décide d'étendre l'empire et gagne de nombreuses batailles. Il fait de Pataliputra (aujourd'hui Patna) la capitale de son royaume. Ces conquêtes auraient peu à peu éliminé les oligarchies et les petits royaumes régionaux du centre de l'Inde et de la vallée du Gange. Chandragupta II succède à son père en 380. Même s'il remporte une campagne majeure contre les Shaka, son règne reste plus associé à ses réalisations culturelles qu'à ses talents militaires. Les premières menaces d'invasion du nord-ouest arriveront sous le règne de Kumara Gupta (415-455). Ce sont les Huns qui sont les plus menaçants et qui parviennent à pénétrer profondément en Inde. Skanda Gupta (455-467) parvient à maintenir la cohésion du royaume jusqu'à sa mort où de graves dissensions familiales détériorent la situation. Au milieu du 6ème siècle le royaume n'a plus rien de la grandeur passée et les terres de l'Inde du nord et de l'Inde centrale sont aux mains des Huns. Cette arrivée des Huns provoque l'arrivée de tribus d'Asie Centrale qui à leur tour chassent les indiens du nord vers le sud. Cet important mouvement de population brise les liens commerciaux que l'Inde avait établi avec l'Asie et avec eux les importants revenus qu'ils occasionnaient.

 

L'âge des petits royaumes

e nombreux royaumes héritent du territoire Gupta. Parmi les plus importants on peut citer ceux de Valabhi, de Gujarata, de Maukhari, d'Orissa. Au début du 7ème siècle Sasanka prend le contrôle d'une grande partie de la vallée du Gange où il entre en conflit avec les Maukhari et les Puspabhuti. Ces derniers sont dirigés par Harsa (606-647). Cette période est bien connue en raison des récits qu'en fit le moine bouddhiste chinois Hsuan-Tsang. Harsa s'empare de Kannauj dont il fait la capitale de son royaume. Il mène ensuite sans succès une campagne militaire contre Pulakesin II, roi des Chalukya, dans le nord du Deccan. Il a en revanche moins de difficultés à s'emparer des terres situées à l'est (Magadha, Vanga, Orissa). Harsa ne parvint jamais à bâtir un empire digne de ce nom mais il mourut avec la réputation d'un grand dirigeant.
Après la disparition de Harsa, le royaume de Kannauj connait une période de déclin.
Le 8ème siècle voit l'arrivée des premiers arabes au Sindh. Ils en perdent vite le contrôle mais en 724 ils s'établissent durablement en nommant un gouverneur représentant du calife.

Au Deccan ce sont les Chalukya qui contrôlent la plus grande partie de la région et qui dominent les autres royaumes (Nala, Ganga, Kadamba...). La dynastie Chalukya connait son apogée sous le règne de Pulakesin II (610-642). Celui-ci étend son royaume vers le sud en attaquant les Kadamba, les Alupa et les Ganga, puis vers le nord où il combat les Lata, les Malava et les Gurjara. Sa grande victoire reste celle remportée contre Harsa. Il lance également une grande offensive au sud contre les puissants Pallava. Cette lutte dura des dizaines d'années. C'est sous le règne de Pulakesin II que les parsis (pratiquants du zoroastrisme) fuyant les persécutions islamistes en Perse, trouveront refuge en Inde.
Au milieu du 8ème siècle, les Rastrakuta profitent d'un affaiblissement des Chalukya pour prendre leur place. Les Chalukya de l'Est, qui ont su éviter les conflits, parviennent à se maintenir et affrontent les Rastrakuta.

Au sud, la péninsule est également partagée en petits royaumes. Les Chera, les Chola, les Pandya et les Pallava sont les principales dynastie de l'époque.
Les récits en sanskrit et en tamoul nous apprennent que les Pallava deviennent dominants au 6ème siècle. La dynastie atteindra son zénith sous le règne de Mahendravarman (600-630). En guerre contre les Chalukya, il perdra les premières batailles. Il sera vengé par son successeur, Narasimhavarman I Mahamalla (630-668), lorsque celui-ci prendra la ville de Vatapi. Narasimhavarman se distingue encore en envoyant une expédition navale vers le Sri Lanka pour venir en aide au roi Manavamma. Au moment où les Rastrakuta contestent le pouvoir des Chalukya plus au nord, les Ganga et les Pandya s'allient contre les Pallava. S'ensuit une longue guerre à l'issue de laquelle, à la fin du 9ème siècle, les Pallava perdent la plus grande partie de leur pouvoir.

Le 9ème siècle voit l'apparition des Chola qui fut la dynastie la plus puissante de l'Inde du Sud. Le roi Vijayalaya établit la capitale de son royaume à Thanjavur. Au 10ème siècle les Chola annexent ce qui reste de l'empire Pallava au nord et s'attaquent aux Pandya au sud.
Parantaka (907-953) consolide le royaume en repoussant les frontières vers le nord où il se heurte aux Rastrakuta et vers le sud où il bat sévèrement les Pandya et les Ganga.
L'empire Chola connait cependant une période moins faste après la mort de Parantaka. Rajaraja (985-1014) réaffirme la suprématie des Chola en attaquant les Pandya et le Sri Lanka. Ils développent une importante flotte navale qui leur permet de conquérir les Iles Maldives, la Côte du Malabar et le Sri Lanka. Ils eurent ainsi le contrôle des voies maritimes commerciales vers l'Asie du Sud-Est et l'Arabie.
En 1014, Rajendra succède à son père jusqu'en 1044. En 1021 il lance une ambitieuse campagne militaire le long de la côte est de la péninsule jusqu'au Bengale et au Gange. En 1025 il remporte une brillante bataille navale en Asie du Sud-Est contre le royaume Srivijaya.
La succession de Rajendra sera moins éclatante et le pouvoir Chola décline petit à petit au 12ème et 13ème siècle au profit des Pandya au sud et des Hoysala à l'ouest.
Les Hoysala étaient à l'origine assujettis aux Chalukya dans la région d'Halebid au Karnataka. C'est au 12ème siècle qu'ils prennent leur indépendance en consolidant leur royaume sous l'impulsion de Visnuvardhana. Ils se heurtent surtout aux Yadava au sud sous le règne de Ballala II (1173-1220) et aux Chola à l'est. Ce sont les turcs qui éroderont le royaume Hoysala au 14ème siècle jusqu'à l'établissement de l'empire Vijayanagara.

Cette période de l'histoire voit un renouveau du brahmanisme. Les temples deviennent de plus en plus importants. La structure simple du début se complexifie et la surface au sol s'étend. Ce développement architectural est accompagné d'une magnificence des peintures murales et des sculptures qui décorent les temples.
Les monastères et les temples étaient de vrais centres d'apprentissage. Les mathématiciens indiens étaient très en avance sur leur époque. Le système numérique indien, qui inventa le zéro, fut d'ailleurs adopté par les arabes qui l'apportèrent en occident. Aryabhata, un grand astronome de la fin du 5ème siècle, calcula pi jusqu'à la quatrième décimale et affirma que la Terre était ronde.

 

La guerre tripartite

e terme de guerre tripartite désigne le conflit qui opposa dès 750 trois grandes dynasties : les Gurjara-Pratihara, les Pala et les Rastrakuta. Les Pratihara et les Pala se partageaient le nord de l'Inde et les Rastrakuta venaient de prendre le contrôle du nord du Deccan. Ils s'affrontèrent pour le contrôle de la vallée du Gange.
Vatsaraja, roi Pratihara, entre en conflit avec Dharmapala (770-810), roi Pala pour le contrôle de Kannauj. Dhruva, roi Rastrakuta entre 780 et 793, attaque ses deux voisins et se déclare vainqueur. Dharmapala reprend très vite Kannauj en raison des ennuis que les Rastrakuta connaissent au sud de leur royaume.
Nagabhata II (793-833), succède à Vatsaraja et renverse la situation. Mais Kannauj retombe vite aux mains des Rastrakuta emmenés par le roi Govinda III (793-814). Le pouvoir des Pratihara dans la région est cependant restauré par Bhoja (836-885). La puissance des Pratihara ne fut plus remis en cause jusqu'au dernier héritier de la dynastie en 1027.
Les Pala gardent le contrôle de l'est de l'Inde jusqu'à leur déclin entre le 9ème et le 10ème siècle. Les Rastrakuta doivent faire face aux attaques venus du sud et aux rébellions internes. Ils combattent notamment les Chalukya de l'Est et les Chola. Le déclin des Rastrakuta s'amorce brutalement au 10ème siècle au profit des Taila. Taila II (973-997), qui se réclamait d'ascendance Chalukya, fonde la dynastie des Derniers Chalukya. À la fin du 10ème siècle ils se frottent aux Chola au sud. Ces affrontements se font plus violents sous le règne de Somesvara I (1043-1068). Les Derniers Chalukya parviennent à garder plus ou moins le contrôle de l'ouest du Deccan. Après une période de fortes instabilités, ils sont définitivement renversés sous le règne de Somesvara IV par les Yadava en 1189. Le royaume Yadava connait son apogée sous le règne de Simhana (1210-1247). Il mène des campagnes contre les Paramara et les Caulukya au nord. Les Yadava déclinèrent au 14ème siècle, étouffés par les Turcs au nord et les Hoysala au sud.

 

Les Rajput

e Rajasthan et l'Inde centrale virent l'apparition de petits royaumes dirigées par les Rajput (du sanskrit rajaputra, “fils de roi”). Les Pratihara, les Paramara, les Cauhan et les Caulukya étaient les quatre principales dynasties Rajput.
Au 11ème siècle les Caulukya qui occupaient le Gujarat, tentent d'annexer le Rajasthan au nord. Kumarapala (1143-1172) mène la bataille et consolide son royaume tout en répandant le jaïnisme dans l'ouest de l'Inde. Les Paramara, après s'être libérés du joug des Rastrakuta, subissent les assauts des Caulukya en 1143. La dynastie perdura mais très affaiblie. Elle succombera finalement face aux Turcs en 1305. Les Cauhan dominaient la région de Jaipur. Au 11ème siècle ils fondent la ville d'Ajmer et parviennent à prendre Delhi au 12ème. Le roi Prithviraj III reste dans l'histoire pour être celui qui résista à la première vague turque lors d'une célèbre bataille à Tarain en 1191. Il perdit cependant la seconde bataille de Tarain l'année suivante face à ces mêmes turcs.

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