L'Inde de l'antiquité
       

Les vagues turques

es relations économiques et politiques étaient étroites entre le Penjab, dirigé par Jayapala de la dynastie hindoue Shahiya, et l'Afghanistan. Mais en 977 un turc est nommé gouverneur de la ville afghane de Ghazni. Celui-ci mène des raids contre le Penjab que son fils Mahmud poursuit après son accession au pouvoir en 998. En 1026 il met à sac le temple de Somnath au Gujarat.
Les turcs prennent peu à peu le contrôle de l'Inde du Nord-Est autour de Lahore. Après la mort de Mahmud de Ghazni en 1030 la frontière se stabilise. Les dynasties Rajput émergent (voir ci-dessus). Mais au 12ème siècle les turcs Ghurid, chassés des régions qu'ils occupaient, pénètrent en Inde du Nord. Muhammad de Ghur s'empare du Penjab et de Lahore en 1185 puis renverse les Cauhan lors de la seconde bataille de Tarain en 1192. En 1193 Delhi tombe.
Muhammad de Ghur repart vers l'Afghanistan avec son trésor de guerre en laissant la gestion des nouveaux territoires à son général et esclave Qutb-ud-Din. Ce dernier se proclame alors sultan de Delhi et inaugure la dynastie des Mamelouk, dite des Esclaves. Chez les musulmans de l'époque, le statut d'esclave était honorable et permettait à des individus issus de familles pauvres d'obtenir des postes de confiance auprès des dirigeants.

 
 
Le sultanat de Delhi

utb-ud-Din prend rapidement le contrôle de Varanasi en 1194, de Kannauj en 1198 et de Kalinjar en 1202. En 1206 Muhammad de Ghur est assassiné à Lahore. En 1210 Qutb-ud-Din meurt en laissant les fondations d'un état musulman en Inde. Shams-ud-Din Iltutmish prend la succession en se débarrassant du fils de Qutb-ud-Din. C'est lui qui consolide le sultanat de Delhi en défendant les frontières de l'ouest, en contrôlant les nobles musulmans installés en Inde et en étouffant les royaumes hindous. Lorsqu'il meurt en 1236, l'état musulman qu'il laisse est le plus puissant de ceux qui se disputent le contrôle de l'Inde du nord. Delhi affirme son indépendance vis-à-vis de Ghazni. Désignée pour lui succéder, Raziyya, la fille de Iltutmish, prend la tête du sultanat. Mais son règne sera de courte durée (4 ans). Elle est chassée du pouvoir par les nobles musulmans offusqués par l'idée qu'une femme dirige le pays. S'ensuit alors une lutte de factions qui durera une dizaine d'années.
Ce sont les esclaves de la famille d'Iltutmish (surnommés les Quarante) qui parviendront à garder la cohésion du sultanat. C'est d'ailleurs l'un d'eux, Ghiyas-ud-Din Balban, qui se hissera au plus haut du pouvoir auprès du sultan Nasir-ud-Din Mahmud (1236-1266) et qui deviendra à son tour sultan en 1266 jusqu'en 1287. Cette période fut marquée par la résurgence des dirigeants hindous Rajput et par les attaques des Mongols à l'ouest. Ayant réussi à assurer la sécurité de son sultanat Balban préféra renforcer sa domination sur les gouverneurs des provinces musulmanes plutôt que de se lancer dans des batailles longues et coûteuses contre les hindous. Cette politique de consolidation permit aux successeurs de Balban de se lancer plus sûrement dans une politique d'expansion. Les successeurs de Balban se révélèrent incapables d'éviter les conflits internes. À l'issue d'affrontements entre factions Jalal-ud-Din Firuz, de la dynastie des Khalji, prend le pouvoir en 1290. Son règne sera de courte durée puisqu'il est assassiné 6 ans plus tard par son neveu Ala-ud-Din Khalji (1296-1316). Celui-ci décide de s'attaquer à la double tâche de centraliser l'état et de procéder à son expansion. Il s'attaquera notamment aux Yadava et à leur capital Devagiri qu'il prendra d'assaut en 1296. En 1299 il annexe le Gujarat puis s'attaque au Rajasthan entre 1301 et 1312 s'ouvrant ainsi la route vers le sud. En 1307 Malik Kafur, un des lieutenants de Ala-ud-Din, asservit le royaume Yadava. En 1310 il pille le royaume Pandya et annexe définitivement Devagiri en 1313. Ala-ud-Din pratique une ouverture envers les aristocrates non-turcs et introduit des hindous dans les prises de décisions politiques.
De graves dissensions marquent la succession d'Ala-ud-Din en 1316. Malik Kafur est assassiné et c'est Qutb-ud-Din Mubarak Shah, le troisième fils du sultan, qui prend le pouvoir. Il est lui-même assassiné en 1320 par un de ses généraux, Khusraw Khan, un hindou converti. Après quatre mois à la tête du sultanat il est tué par Ghazi Malik qui monte sur le trône sous le nom de Ghiyas-ud-Din Tughluq (1320-1325) inaugurant ainsi la dynastie des Tughluq. Malgré la brièveté de son règne il s'empare du Bengale, indépendant depuis la mort de Balban. C'est en revenant de cette campagne victorieuse qu'il est tué accidentellement près de Delhi. Son fils Muhammad ibn Tughluq prend naturellement la succession (1325-1351). Ce règne marque l'apogée du sultanat mais aussi son déclin. En 1327 Muhammad ibn Tughluq réussit à annexer les trois grands royaumes hindous du sud et fait de Devagiri sa seconde capitale. Il déménage là-bas pour s'assurer du parfait contrôle de cette riche région. Mais très vite d'importants troubles se développent au nord, à l'ouest et au Bengale. Le sultan est forcé de revenir pour mater la rébellion. Il parvient même à repousser les Mongols qui avaient presque atteint Delhi mais il ne peut empêcher les provinces du sud de se fractionner en plusieurs états indépendants, dont celui des Vijayanagar fondé en 1336. Muhammad ibn Tughluq perd peu à peu ses possessions en Inde du sud et ne peut empêcher la fondation de l'état Bahmani au Deccan en 1347.
En 1351 son cousin Firuz Shah monte sur le trône et mène plusieurs campagnes plus ou moins couronnées de succès. Contrairement à ses prédécesseurs, Firuz Shah accorde plus d'autonomie aux nobles afin d'éviter les rébellions mais ceci eut pour effet une perte d'influence du sultan dans les décisions politiques et économiques. En 1388, à la mort de Firuz Shah, le sultanat est au bord de l'implosion. Les fils et les petits-fils de Firuz s'affrontent laissant ainsi tout le temps aux nobles musulmans et hindous d'organiser et d'affirmer leur autonomie. En 1394, n'ayant pu se départager, les partisans des deux prétendants au trône déclenchent une guerre civile qui durera trois ans. Cet affaiblissement laissera tout loisir à Timur Lang (Tamerlan), déjà en possession d'un vaste empire en Asie Centrale, de pénétrer en Inde et de s'emparer de Delhi en 1398. Il vainc l'armée du sultanat et met à sac la ville sans pitié. Au 15ème siècle l'emprise sur l'Inde du nord se dilue et le pouvoir se partage entre différents états.
Le dernier Tughluq meurt en 1413. Khirz Khan fonde alors la dynastie des Sayyid. Le dernier Sayyid transmet le pouvoir en 1451 à Bahlul Lodi. En 1479 ce dernier annexe le Jaunpur voisin après sa victoire sur Mahmmud Sharqui. Bahlul Lodi règne de 1451 à 1489. Ses deux successeurs, Sikandar Lodi (1489-1517) et Ibrahim Lodi (1517-1526) tentèrent de maintenir cette politique expansionniste. Sikandar par exemple mena des campagnes contre le Bihar et fit d'Agra sa capitale en 1504 pour lui servir de tête de pont vers le Rajasthan notamment. Ibrahim Lodi fut encore plus autocratique que ses prédécesseurs. Il dut mater plusieurs rébellions afghanes et faire face aux Moghols emmenés par Babur. En 1524 ce dernier prend Lahore et défait les armées du sultan. Ibrahim Lodi est tué près de Delhi en 1526.

 

La dynastie des Bahmani

ette dynastie naît d'un conflit entre certains nobles musulmans et le sultan de Delhi. Cette rébellion aboutit en 1347 à la fondation du sultanat Bahmani au Deccan par Hasan Gangu. Celui-ci monte sur le trône sous le nom de Bahman Shah et établit sa capitale à Gulbarga. Hasan Gangu passera la plus grande partie de son règne à consolider son royaume. À sa mort en 1358 c'est son fils Muhammad Shah qui prend la succession et qui décide de s'attaquer aux royaumes hindous de Vijayanagar et de Telingana. Il utilise largement l'artillerie ce qui lui permet de battre des armées bien plus importantes que la sienne. Les Vijayanagar résistent mieux que les Telingana qui doivent payer un lourd tribut après leur défaite en 1363. Muhammad Shah parvient à établir de solides fondations avant de mourir en 1375.
Son règne fut également marqué par l'arrivée massive d'immigrés venus de Perse. Ces nouveaux arrivants eurent très vite de l'influence politique et les fondateurs du sultanat Bahmani (qui se faisaient appeler les Deccanis) eurent très vite du ressentiment vis-à-vis de ces immigrés. Son fils, Mujahid est assassiné en 1378 par son cousin lui-même assassiné par les partisans de Mujahid qui font monter sur le trône un autre de ses cousins, Muhammad II. Son règne est surtout marqué par une période de paix et de développement intellectuel et artistique. Il meurt en 1397.
La succession est marquée par des conflits d'intérêts et des rivalités familiales. C'est finalement Firuz, le cousin de Muhammad II, qui monte sur le trône sous le nom de Firuz Shah Bahmani. Pour contrebalancer le pouvoir grandissant des nouveaux arrivants, il nomme des hindous à des postes importants et se marrie avec des femmes hindoues dont une princesse Vijayanagar. Il en résultera une paix entre les deux royaumes qui prendra fin dix ans plus tard avec une guerre qui verra la défaite de Firuz.
Les conséquences sont telles qu'il est obligé d'abdiquer en 1422 en faveur de son frère Ahmad qui devient le sultan Shihab-ud-Din Ahmad. Son premier acte est de déplacer la capitale du sultanat de Gulbarga à Bidar. Des conflits éclatent aux frontières nord avec les états du Malwa et du Gujarat. Allié au Khandesh, Shihab-ud-Din Ahmad mène sans succès des attaques contre eux en 1430. Ahmad désigne son fils aîné pour lui succéder. Il monte sur le trône en 1436 sous le nom d'Ahmad II. D'importants conflits entre les nobles éclatent. En 1438, les forces armées composées exclusivement de nouveaux arrivants remportent une importante victoire contre le Khandesh. Les nouveaux arrivants avaient réussi à convaincre le sultan que les Deccanis étaient les responsables des défaites contre le Gujarat en 1430. Les deux factions finirent par s'entre-tuer en 1446. Le sultan rétablit l'ordre en redonnant les postes clés à des nouveaux arrivants.
Les Bahmani continuent à connaître de gros problèmes avec les Telingana et le Malwa. Les successeurs d'Ahmad II, Humayun (de 1458 à 1461) et Ahmad III (de 1461 à 1463), s'allient avec le Gujarat contre le Malwa. Le royaume est administré de manière brillante par Mahmud Gawan. C'est à son époque que le sultanat Bahmani connaîtra son extension maximale. Lorsque Muhammad III monte sur le trône en 1463, Mahmud Gawan est nommé vizir. Il lance une série de campagnes victorieuses à l'ouest donnant ainsi le contrôle commercial de la côte occidentale aux Bahmani. Dans le même temps il renforce le pouvoir central. Il réforme l'administration des quatre provinces centrées autour des villes de Daulatabad, Mahur, Gulbarga et Bidar. Il les divise en deux afin de réduire le pouvoir des gouverneurs. Ces refontes lui attirent l'inimitié des nobles qui complotent contre lui et réussissent à convaincre Muhammad III de l'exécuter en 1481. Cette élimination provoqua une vague de mécontentement chez les nouveaux arrivants qui quittèrent la capitale à la suite de Yousouf Adil Khan, le bras droit de Mahmud Gawan. Lorsque Muhammad III meurt en 1482 le chef des conspirateurs, Malik Naib, se fait nommer régent à l'avènement de Shihab-ud-Din Mahmud mais il est assassiné en 1486 en raison de son impopularité. Le sultan recherche alors le soutien des nouveaux arrivants et fait exécuter un grand nombre de Deccanis qui avaient tenté de l'assassiner. Mais ces troubles eurent raison de la cohésion du royaume. En 1490 les provinces n'étaient quasiment plus contrôlées par le pouvoir central. Petit à petit le royaume se morcelle en cinq états : l'Ahmadnagar, le Bijapur, le Golconda, le Berar et le Bidar. Il y a toujours un sultan mais il n'a plus qu'un rôle secondaire. D'ailleurs lorsque celui-ci meurt en 1538, le pouvoir passe dans les mains d'Amir Barid, fils de l'ancien premier ministre du Bidar, Qasim Barid. Ces états réussissent à s'allier pour combattre les Vijayanagar et ils leur infligent une sévère défaite à Talikota en 1565. En 1574 l'Ahmadnagar annexe le Bidar et prend alors une position ascendante sur les autres. Mais finalement ce sont les états de Bijapur et Golconda qui s'en sortirent le mieux puisque situés le plus au sud. Les autres états eurent en effet à subir les assauts des Moghols et furent petit à petit annexer. À la fin du 17ème siècle, le sultanat Bahmani avait définitivement cesser d'exister.

 

L'empire Vijayanagar

e royaume de Vijayanagar fut fondé en 1336 par deux des frères Sangama, Harihara et Bukka. Ceux-ci avaient été capturés par le sultanat de Delhi en 1327 puis convertis à l'islam. Ils furent renvoyés dans le Deccan comme gouverneurs du Kampili. Là-bas ils se reconvertirent à l'hindouisme et proclamèrent leur indépendance.
Harihara monte sur le trône en 1336 et fait de Vijayanagar sa capitale. Pendant dix ans les Sangama étendent leur territoire. En 1344 le royaume Hoysala est vaincu par les armées de Bukka et annexé au royaume Vijayanagar. Cette progression s'arrête avec la création du sultanat Bahmani en 1347. Bukka succède à son frère en 1356 et engage une série de campagnes contre les Bahmani. Battu en 1359, il est obligé de verser un lourd tribut au sultanat.
Le royaume Vijayanagar était à l'époque divisé en provinces gouvernées par les frères Sangama ou par leurs fils. Bukka, voulant affirmer son pouvoir, fit remplacer ses neveux par ses partisans. Le fils de Bukka, Harihara II, maintient cette politique après son accession au trône en 1377 ce qui eut pour effet de faire naître des conflits d'intérêts dans les provinces. Mais il réussit cependant à étendre les frontières du royaume, à maintenir l'ordre et à contenir les Bahmani. De plus, l'accès et le contrôle des côtes orientales et occidentales donnaient aux Vijayanagar une position commerciale dominante. La mort de Harihara II en 1404 donne lieu à une lutte de succession entre ses fils. Devaraya I est finalement couronné en 1406. Il réorganise l'armée en développant la cavalerie et l'utilisation des archers. Il meurt en 1422 en laissant la succession à Ramcandra puis Vijaya. Leurs courts règnes seront notamment marqués par de sévères défaites militaires contre les Bahmani et par la perte des territoires Reddi.
En 1432 Devaraya II monte sur le trône. Il reprend les territoires perdus et mène des campagnes au sud au Sri Lanka et au Kerala. C'est sous son règne que l'empire Vijayanagar connaîtra sa plus grande extension. Le fils de Devaraya II, Mallikarjuna, prend la succession en 1446. Cette nouvelle période voit la diminution du pouvoir central et la perte de certains territoires au profit des Bahmani et de l'état d'Orissa. Cet affaiblissement est renforcé par le fait qu'à la mort de Mallikarjuna en 1465, c'est un de ses cousins, Virupaksha, qui prend le pouvoir. Cette usurpation n'est pas acceptée par les descendants de Mallikarjuna et par certains gouverneurs provinciaux. Ils se retirent au sud du royaume qu'ils gouvernent dans une semi-indépendance. Les Vijayanagar perdent le contrôle des côtes ouest après l'attaque des Bahmani emmenés par Mahmud Gawan.
En 1485 Virupaksha est assassiné par un de ses fils à son tour tué par un de ses frères. Un petit chef de clan, Saluma Narasimha, profite de la confusion pour prendre le contrôle du royaume et installer sa propre dynastie. À sa mort en 1491 il laisse les rênes du pouvoir à son premier ministre, Narasa Nayaka, après l'avoir nommé régent. Le fils aîné de Saluma Narasimha est assassiné et son frère est couronné sous le nom de Immadi Narasimha en 1492. Mais ce dernier n'a aucun contrôle sur le pouvoir. Il est quasiment emprisonné par Narasa Nayaka qui parvient à reconsolider le royaume malgré la fronde de certains gouverneurs de province.
À sa mort en 1503, c'est son fils qui prend sa suite sous le nom de Vira Narasimha. Il ordonne l'exécution d'Immadi Narasimha en 1505 et usurpe le trône en installant la dynastie Tuluva. Krishna Deva Raya succède à son frère en 1509. Il est considéré comme le plus grand roi Vijayanagar. Pour renforcer la centralisation il nomme des brahmanes et des non-nobles à d'importants postes. Il remporte des victoires militaires contre les états Bahmani et contre l'Orissa. De plus, il parvient à maintenir de bonnes relations avec les portugais qui prennent de plus en plus d'importances. Pour finir il développe la culture et les arts.
Avant de mourir en 1529, Krishna Deva Raya désigne son demi-frère Achyuta Deva Raya pour lui succéder. Celui-ci parvient à repousser les ennemis du royaume Vijayanagar qui poursuivent leurs attaques. Après quelques années de règne il est emprisonné par son premier ministre Rama Raya avec qui il avait accepté de partager le pouvoir. Mais il est vite libéré sous la pression de ses partisans qui organisèrent des révoltes. Une courte guerre civile s'ensuit. Son règne se termine en 1542 sans que les frontières aient bougé mais les affrontements internes ont considérablement affaibli le pouvoir central.
Rama Raya parvient à prendre le contrôle effectif du pays et fait monter Sadasiva, le neveu d'Achutya, sur le trône. Cette période est marquée par diverses alliances entre Rama Raya et les dirigeants des états Bahmani. En 1548 il vient en aide à celui de l'Ahmadnagar contre le Bidar et en 1557 il s'allie au Bijapur contre le Golconda. En raison de ces défaites, l'Ahmadganar et le Golconda décident de la formation d'une alliance pour mettre fin aux Vijayanagar. En 1564 ils réussissent à réunir les cinq états Bahmani sous une même bannière. En 1565 les Bahmani écrasent les forces Vijayanagar lors de la célèbre bataille de Talikota. Les grandes villes de l'empire Vijayanagar sont mises à sac et les grands temples sont détruits. Rama Raya est emprisonné et exécuté. Son frère Tirumala parvient à s'enfuir avec le roi dans le sud.
Le royaume n'est donc pas mort et Tirumala s'établit à Penukonda pour rebâtir l'armée. En 1570 il usurpe le pouvoir et monte sur le trône en inaugurant la dynastie Aravidu. En 1572 son fils Sriranga lui succède et poursuit la politique de reconstruction. Mais les nobles ont pris conscience que leur intérêt réside plus en la création de petits états plutôt qu'au rétablissement d'un pouvoir central. Sriranga meurt sans descendance en 1585 et laisse le trône à son frère Venkata II.
Dans les années 1580 une série de guerres permet aux Vijayanagar de récupérer certains territoires mais Venkata passera la plus grande partie de son règne à mater les rébellions, notamment celle des Nayaka de Madurai en 1601. Grâce à leurs bonnes relations avec Venkata, les portugais établissent une mission jésuite en 1607 et les hollandais reçoivent l'autorisation de bâtir un fort à Pulicat. En 1614 le neveu de Venkara, Sriranga II, monte sur le trône mais il est assassiné quatre mois plus tard avec toute sa famille par une partie des nobles. Il n'y a qu'un seul survivant, Rama Deva Raya, qui récupère le trône après une longue guerre civile en 1617.
Son règne est marqué par des luttes de factions incessantes jusqu'à sa mort en 1630. Son successeur Venkata III doit faire face au pouvoir grandissant des gouverneurs et chefs de provinces. Les états Bahmani de Bijapur et Golconda profitent de cette faiblesse. Le propre neveu de Venkata s'allie avec le Bijapur mais revient pour monter sur le trône à la mort de son oncle en 1642 sous le nom de Sriranga. En 1645 les forces combinées du Bijapur et du Golconda enfoncent les forces Vijayanagar et mettent fin à ce qui restait de l'empire. Sriranga meurt en 1672.

 
 
L'empire Moghol
es débuts de l'empire Moghol en Inde commencent avec les conquêtes d'un descendant de Timur, Zahir-ud-Din Muhammad Babur. Venu d'Asie Centrale il s'attaque en 1504 à Kaboul et Ghazni en Afghanistan et à Samarkand en 1511. Il réalise que l'Inde pourrait servir de terreau à son empire. Entre 1519 et 1524 il fonce vers le Penjab. Victorieux il poursuit sa route vers Delhi alors contrôlé par Ibrahim Lodi. Les armées du sultanat de Delhi ne résistent pas à l'artillerie de Babur et Delhi tombe en 1526. Babur décide de s'attaquer aux Rajput qui menacent son pouvoir. En 1527 il bat les armées de Rana Sanga à Khanua. Dans le même temps il doit combattre les forces du sultan du Bengale à l'est. En 1529 il remporte la bataille de Ghagra mais ne parvient pas à affirmer son pouvoir sur cette région. Ce sera son dernier coup d'éclat. Babur meurt en décembre 1530.
Son fils Humayun lui succède. Son règne commence mal puisqu'il se heurte aux afghans de l'est emmenés par Sher Khan de la dynastie Suri. Il ne parvient pas à tenir le Malwa et le Gujarat qu'il avait pourtant conquit. Il est de nouveau battu lors de la bataille de Chausa en juin 1539. Dans la foulée il perd Agra et Kannauj. Obligé de reculer de plus en plus il s'exile en Iran en 1543 pour chercher de l'aide.
Pendant ce temps là Sher Khan, devenu Sher Shah, étend et renforce son empire. Il meurt en mai 1545 pendant le siège de Kalinjar en transmettant le pouvoir à son fils Islam Shah. Moins brillant que son père, son règne est marqué par les intrigues de court et les insurrections. Son fils Firuz monte sur le trône en 1553 mais est aussitôt assassiné par son oncle. La cohésion de l'empire Suri n'est alors plus assurée et sa partition est inévitable.
Revenu à Kaboul, Humayun profite de la situation. En décembre 1554 il franchit l'Indus, capture Lahore en février 1555 puis Delhi et Agra en juillet. Après 12 ans d'exil Humayun remonte sur le trône de Delhi. C'est là qu'il meurt en janvier 1556. Son fils Akbar est alors proclamé empereur. Le gouvernement est confié au régent Bayram Khan. Akbar s'emploie dès son accession au pouvoir à reconquérir les territoires perdus par son père. En novembre 1556 il bat les Suri à Panipat. En mars 1560 il démissionne Bayram Khan. Poursuivant sa politique de conquêtes, il conquiert le Malwa et la ville de Chunar en 1561 puis il s'attaque avec succès au Rajasthan. En 1562, afin de renforcer son alliance avec eux, il se marrie avec une princesse Rajput.
Désormais monarque au pouvoir quasi absolu, Akbar décide directement des grandes orientations politiques. Une de ces plus importantes décisions fut d'abolir en 1563 les lois discriminatives dont étaient victimes les hindous. Il comprend la nécessité de confier la défense de l'empire à toutes les représentations ethniques et religieuses. Il nomme donc des chefs de clan pour contrôler les zones frontalières. Les orthodoxes musulmans tenteront vainement de s'opposer à ces lois libérales. Akbar décide de jeter toutes ses forces dans la conquête du Rajasthan qui lui résiste toujours. Son contrôle lui assurerait la mainmise totale sur l'Inde du nord. En 1568 il pille Chittor, capitale du Mewar. Sa victoire à Ranthambor en 1569 lui permet de contrôler la plus grande partie du Rajasthan. Akbar se tourne alors vers le Gujarat et le Bengale. Le premier tombe en 1573. Pour célébrer cette victoire, Akbar fonde la ville de Fatehpur Sikri et en fait sa capitale. Le Bengale est annexé en 1576.
Au cours des années 1580 et 1590 Akbar s'assure du contrôle des frontières du nord-ouest. Il annexe le Cachemire en 1586 et le royaume Ahmadnagar en 1595. À sa mort en octobre 1605 Akbar le Grand laisse un empire puissant composé de 15 provinces qui s'étendent sur tout le nord de l'Inde.
Jahangir, fils d'Akbar, monte sur le trône. Il doit très vite mater une rébellion emmenée par son fils aîné. En 1606 le Shah Abbas I d'Iran assiège Qandahar mais les armées de Jahangir le font reculer. En 1613 le prince Khurram (futur Shah Jahan) est nommé commandant suprême des armées. Il est envoyé vers le Mewar pour en prendre le contrôle ce qui est fait en 1615 quand Rana Amar Singh reconnaît l'autorité des Moghols. En 1622 Abbas attaque de nouveau. Le prince Khurram est envoyé là-bas mais il se rebelle contre Jahangir et la forteresse de Qandahar tombe.
Khurram tente alors de s'emparer de Fatehpur Sikri mais, battu, il est obligé de s'enfuir au Deccan puis au Bengale. Tous ses plans de conquêtes échouent les uns après les autres si bien qu'il se rend en 1626. Son père le pardonne et le nomme gouverneur du Balaghat. Jahangir meurt en novembre 1627.
Lorsqu'il monte sur le trône, le prince Khurram prend le nom de Shah Jahan. Pour étouffer toute contestation il fait tuer tous les prétendants potentiels. Dès le début de son règne, Shah Jahan doit faire face à des rébellions dont celle de Khan Jahan Lodi, gouverneur du Deccan, et celle de l'hindou Jujhar Singh. Ce manque de contrôle sur le Deccan oblige Shah Jahan à s'allier avec le Bijapur. Ce traité temporise l'avance des Moghols vers le sud et permet au Bijapur et au Golconda de conquérir les provinces hindoues du sud. Les Moghols en profitent pour reconquérir Qandahar en 1638 et pour fortifier les frontières de l'est. En 1648 Shah Jahan déplace la capitale d'Agra à Delhi. Après cette date les relations entre les Moghols et les états Bahmani du Deccan se détériorent. En 1656 ils attaquent le Bijapur et en 1657 le Golconda.
Le règne de Shah Jahan est aussi marqué par un grand développement architectural d'Agra. En 1631, après la mort de sa femme, il décide de la construction d'un mausolée. Ce sera le Taj Mahal. En 1657 Shah Jahan tombe malade. Il s'ensuit une lutte de succession entre ses fils dont Aurangzeb sort vainqueur en 1659. Il fait emprisonner son père dans le fort d'Agra où il mourra en février 1666 et se proclame empereur. Pendant plus de dix ans il contrôle totalement l'empire et ajoute des territoires. Il revient sur la politique d'ouverture de ses prédécesseurs envers les non-musulmans et prône pour un retour des valeurs islamistes fondamentales. Il interdit par exemple aux hindous de bâtir de nouveaux temples et va même jusqu'à faire détruire les lieux d'enseignement hindous. Ils augmentent considérablement les impôts pour financer ses campagnes militaires. C'est ainsi qu'au début des années 1670 de graves troubles régionaux apparaissent notamment au Penjab avec les sikhs et au Mewar avec les Rajput qui avaient reçu le soutien d'Akbar, l'un des fils d'Aurangzeb. Cette guerre prend fin prématurément en juin 1681 car Aurangzeb part à la poursuite d'Akbar qui s'est allié entre-temps aux Marathes du Deccan. En 1686 et 1687 il annexe le Bijapur et le Golconda afin d'isoler les Marathes. Il capture leur roi Sambhaji et le fait exécuter en 1689. Mais malgré tous ses efforts Aurangzeb ne parviendra jamais à éliminer la résistance Marathe. Il meurt le 20 février 1707.
Le nouvel empereur s'appelle Bahadur Shah. Dès le début de son règne il tente de reprendre le contrôle des états Rajput mais sans grand succès. Il doit aussi faire face à la menace des Marathes dans le Deccan et celle des sikhs au Penjab. Ces derniers sont emmenés par Banda Bahadur et ils prennent très vite le contrôle de la région de Delhi. De nombreux paysans se convertissent au sikhisme pour soutenir Banda dans sa lutte. Il se fait couronner et frappe de la monnaie. Bahadur Shah ne parviendra jamais à écraser le mouvement sikh. Banda ne sera capturé qu'en 1715 par le gouverneur du Penjab et exécuté avec des centaines de ses partisans à Delhi.
À la mort de Bahadur Shah en février 1712, les caisses de l'empire Moghol sont vides. Les princes royaux et les nobles les plus puissants se déchirent pour la succession. C'est finalement le prince Jahandar Shah qui monte sur le trône mais le vrai pouvoir est au main du vizir Zulfiqar Khan. Ce dernier est persuadé que la survie de l'empire passe par la réconciliation avec les Rajput et les Marathes. Il revient à une politique d'apaisement envers les hindous et tente de réformer l'économie. Mais en 1713 Farrukh-Siyar, soutenu par les frères Sayyid Abdullah Khan et Husayn Khan, renverse Jahandar Shah et Zulfiqar Khan. C'est sous son règne que la révolte sikh est définitivement étouffée.
En 1719 l'empereur est déposé par les frères Sayyid suite à des dissensions politiques. En huit mois les frères font se succéder trois princes sur le trône. Le troisième, Muhammad Shah, s'émancipe et reste à sa place lorsqu'un puissant groupe de nobles renverse les frères Sayyid en 1720. Dès lors la politique de l'état n'est plus gouvernée que par les intérêts personnels de ces nobles ce qui a pour effet de précipiter le déclin de l'empire Moghol. Les diverses provinces redéfinissent leurs liens avec le pouvoir central de Delhi. Cet affaiblissement général profite à Nadir Shah, roi d'Iran, qui envahit l'Inde en 1738. En 1739 il prend Delhi, emprisonne Muhammad Shah et massacre la population locale. Les Marathes en profitent eux aussi pour reprendre, entre autres, le Malwa. Le Penjab est occupé par les forces de Ahmad Shah Abdali, un des lieutenants de Nadir Shah. Muhammad Shah meurt en avril 1748.
En 11 ans, quatre princes lui succèdent : Ahmad Shah (1748-1754), Alamgit II (1754-1759), Shah Jahan III (1759) et Shah Alam II. Cette période est marquée par la lutte entre les Marathes et les Afghans pour le contrôle de l'Inde du nord en général et de Delhi en particulier. Le 14 janvier 1761 les forces d'Ahmad Shah Abdali battent les forces Marathes à Panipat ce qui met fin aux rêves d'expansion de ces derniers. Entre-temps les sikhs réussissent à reprendre le contrôle du Penjab. Timur Shah succède à Ahmad Shah Abdali en 1772.
 
 
Les marathes

es marathes sont des groupes de paysans-guerriers qui forment au XVIIème et au XVIIIème siècle le seul pouvoir capable de rivaliser avec celui des Moghols. Le plus important de ces clans est celui des Bhonsles.
La première grande figure marathe est Shivaji Bhonsle dont le pouvoir émerge dans les années 1660. En 1664 il s'empare de Surat qui était alors le plus important port contrôlé par les Moghols. Shivaji signe un traité de paix avec Aurangzeb mais celui-ci le fait emprisonner en 1666 alors qu'il se trouve à Agra. Il parvient à s'échapper et reprend ses campagnes d'extension territoriales jusqu'à sa mort en 1680. Son fils Sambhaji lui succède mais il est capturé et exécuté par les Moghols en 1689. C'est son frère Rajaram qui reprend les rênes du pouvoir. Il se retranche pendant huit ans dans la forteresse de Senji assiégée par les armées Mogholes.
En 1708 Sahu succède à Rajaram. Son règne marque un tournant car il voit la montée du pouvoir des peshwas qui sont les premiers ministres brahmanes. Le premier peshwa d'importance est Balaji Visvanath. Il est à l'origine du renouveau du pouvoir marathe. Lui et son successeur, Baji Rao, bureaucratisent l'état marathe et prennent modèle sur les Moghols.
Les marathes développent un réseau efficace de commerce et de finances. Ils accroissent également leur influence sur les mers à tel point qu'ils menacent les colonies européennes.
La lignée des Bhonsle se scinde. La principale branche reste au cœur du Deccan à Satara alors que les deux autres partent pour Kolhapur et Nagpur. La branche Kolhapur, qui avait refusé de reconnaître l'autorité de Sahu, négocie avec les Moghols. Ils s'allieront plus tard avec les anglais lors des guerres anglo-marathes. La branche Nagpur, dirigée par Raghuji Bhonsle et restée fidèle à l'autorité de Satara envahit le Bengale en 1742 et le Bihar dans les années 1750.
D'autres clans se trouvent sous l'autorité de Satara. Les plus importants sont les Gaikwad, les Sindhia et les Holkar.
Les Gaikwad, également sous l'autorité de la lignée Dabhade, profitent des dissensions entre les peshwas et les Dabhade pour consolider leur position, surtout après la mort de Sahu. Ils négocient avec les peshwas et obtiennent un territoire au Gujarat avec Baroda comme capitale. Ils s'allieront plus tard avec la Compagnie des Indes Orientales anglaise.
Les Holkar émergent dans les années 1730 et c'est sous Ahalya Bai qu'ils connaîtront leur apogée en contrôlant les grandes routes commerciales.
Les Sindhia consolident leur pouvoir sous Mahadaji Sindhia après la bataille de Panipat en 1761. Il intervient à la cour Moghol de Shah Alam II et étend son influence sur une grande partie de l'Inde du nord. Mais ce rayonnement gêne à la fois la Compagnie des Indes et les peshwas. Daulat Rao Sindhai, le successeur de Mahadaji, sera battu par les anglais en 1803 et devra rendre ses territoires.

 

L'expansion européenne en Inde

orsqu'il débarque à Calicut en 1498 le navigateur portugais Vasco de Gama rétablit de façon solide les liens entre l'Europe et l'Inde. Ce sont ses successeurs Francisco de Almeida et Alfonso de Albuquerque qui bâtissent les fondations de l'empire portugais en Inde. Ils font construire des forts et prennent Goa en 1510, Malacca en Asie du sud-est en 1511 et Ormuz en 1515. Ces conquêtes ont pour but de contrôler le trafic commercial sur l'Océan Indien.
Cette domination portugaise prend fin en 1580 lorsque le Portugal est annexé à l'Espagne. La flotte militaire espagnole (l'Invinsible Armada) est elle-même vaincue en 1588 ce qui ouvre la route des Indes à l'Angleterre et à la Hollande.
Les hollandais arrivent les premiers en 1595. Leur seul objectif était d'établir une route commerciale rentable, notamment en traitant les épices. Ils se dirigèrent d'abord vers l'Indonésie puis seulement après vers l'Inde. Les hollandais avaient une vision monopolistique du commerce des épices ce qui nécessitait l'élimination des rivaux. Ils se débarrassèrent d'abord des portugais qui avaient retrouvé leur indépendance puis des anglais qu'ils exclurent d'Indonésie après la destruction des usines d'Amboyna en 1623. Les hollandais peuvent alors créer alors la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales pour organiser le commerce.

Les destinées commerciales des anglais sont dès le début confiées à la seule Compagnie des Indes Orientales en 1600. Elle était constituée d'un puissant groupe de marchants attirés par les promesses de richesse.
Comme sa concurrente hollandaise, le principal objectif de la Compagnie des Indes est les épices d'Indonésie et dans un second lieu celles de l'Inde. Les anglais et les hollandais s'affrontent donc dès le départ. En 1623 les hollandais détruisent les usines anglaises d'Amboyna et massacrent les occupants.
En Inde, les anglais avaient établi une ambassade auprès de la cour de l'empereur Moghol Jahangir mais se heurtaient à la puissance maritime portugaise.
En 1612 la victoire britannique de Swally Hole contre les portugais modifie la donne. Sir Thomas Roe signe un accord avec les Moghols. Celui-ci permet aux anglais de construire des places fortifiées pour assurer la sécurité de leurs navires marchants en échange d'une aide militaire navale. Grâce à ce traité, et après le massacre d'Amboyna, les anglais décident de porter tous leurs efforts de conquête sur l'Inde.
Contrairement aux hollandais qui jouent sur la rareté de leurs produits de luxe, les anglais jouent sur le volume des marchandises pour accroître leurs profits. La compagnie anglaise devient vite plus rentable que sa concurrente hollandaise puisqu'elle n'emploie qu'un nombre limitées de forces armées pour contrôler une zone plus réduite.
La Compagnie connaît en revanche des difficultés en Angleterre. Le roi Charles I soutient une compagnie rivale et Oliver Cromwell met fin au monopole jusqu'en 1657. En 1698, après leur accession au pouvoir, les Whig créent une nouvelle compagnie mais elle ne parviendra jamais à s'imposer face à l'ancienne. En 1702 le gouvernement décide leur fusion.
En Inde la Compagnie connaît un important revers en 1690 après s'être attaqué à l'empereur Moghol Aurangzeb. La même année Job Charnock fonde Calcutta. La Compagnie fortifie ses plus importantes places. À la fin du 17ème siècle, le pouvoir anglais se concentre sur Madras, Calcutta et Bombay.

La France constitue la troisième force commerciale d'importance en Inde. Ses premières tentatives d'installation sont ralenties par les portugais. La première compagnie digne de ce nom est créée par Colbert sous Louis XIV en 1664. En 1674 Pondichéry, dans le sud de l'Inde, leur est cédé par un raja local. Ils obtiennent de la même manière Chandernagor au nord de Calcutta en 1692. Au départ la compagnie mêle ambition politique et intérêts commerciaux. C'est sous l'impulsion de François Martin que le commerce prendra vraiment son essor à partir de 1774.
En 1693 les hollandais prennent Pondichéry qu'ils rendront au français quatre ans plus tard après le traité de Ryswick. Le développement commercial a toutefois été stoppé et la compagnie est quasiment démantelée. En 1720 elle est rebâtie et de nouveaux comptoirs sont ouverts (Mahé en 1722, Karikal en 1725 et Yanaon en 1739).

 

Les luttes franco-anglaises

lors que les choses semblent calmes en Inde, la guerre fait rage en Europe. Il ne faut pas longtemps avant que la lutte franco-anglaise se cristallise en Inde. Les anglais décident de casser les liens commerciaux entre la France et l'Asie. En 1741 Joseph-François Dupleix est nommé gouverneur. En septembre 1746, le Comte de La Bourdonnais capture Madras et l'amiral anglais Boscawen est battu à Pondichéry en 1748. Les deux belligérants signent alors un traité de paix à Aix-la-Chapelle. Les français rendent Madras en échange de territoires en Amérique du Nord.
Dupleix exploite les troubles politiques dans le Deccan pour tenter de ruiner le commerce anglais en Inde du sud en établissant une sorte de protectorat.
Mais cette ingérence agace les actionnaires de la compagnie française et en 1754 Dupleix est rappelé en France, remplacé par Charles Godeheu. Ce dernier a pour mission de signer des traités avec les anglais. Il leur redonne ainsi Madras. Mais en 1756 la guerre de Sept Ans éclate en Europe. Le général Lally, Baron de Tollendal, est envoyé en Inde. Après une série de victoires en 1758, il se heurte aux forces de Robert Clive qui ont repris Chandernagor aux français et Calcutta au nawab du Bengale lors de la bataille de Plassey. Lally-Tollendal est battu à Wandiwash en janvier 1760 et il capitule à Pondichéry après huit mois de siège en janvier 1761. La menace français sur les intérêts britanniques est définitivement écartée.

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