LE JAÏNISME
 
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Selon les jaïnas, leur religion a été révélée et transmise par les Tirthankaras. Ces derniers sont des sages qui ont atteint la perfection et pour certains d'entre eux, l'illumination.
Le premier Tirthankara est Rishabha. Il est né avant l'apparition de la civilisation de l'Indus (c'est-à-dire 2500 avant J.-C.) et est considéré comme le fondateur traditionnel du jaïnisme. Il est par ailleurs cité dans les Vedas. Le jaïnisme serait donc antérieur à l'hindouisme.

23 autres Tirthankaras se sont succédés après lui, pas forcément de manière continue. Ce sont : Ajita, Sambhava, Abhinandana, Sumati, Padmaprabha, Supaardhva, Chandraprabha, Pushpadanta, Shitalnatha, Shreyaamsha, Vaasupujya, Vimala, Ananta, Dharma, Shanti, Kuntha, Aara, Mallinaatha, Munisuvrata, Nami, Nemi, Paarshvanath et Mahavira. À part les deux derniers, rien ne prouve l'existence historique des précédents.
Mahavira est né vers 600 avant J.-C. Il est le dernier Tirthankara en date et est considéré comme le fondateur du jaïnisme tel qu'il se pratique encore aujourd'hui. Il prêcha le jaïnisme pendant 30 ans avant d'atteindre l'illumination à l'âge de 72 ans.

Le religion se développa dans le nord de l'Inde mais aux 4ème et 3ème siècle avant J.-C. une famine obligea la population à migrer vers le sud et le nord-ouest de l'Inde. Les jaïnas se séparèrent alors en deux branches. Les uns furent appelés Digambars (très stricts et peu ouverts aux changements) et les autres Svetambars (plus libéraux).
Aujourd'hui il y a environ 4 millions de jaïnas en Inde.

Les 14 Purvas sont sacrés pour tous les jaïnas, qu'ils soient Digambars ou Svetambars.
Aux Purvas, les Svetambars rajoutent les 11 Angas (règles pour les ascètes), les 12 Upangas (enseignements des Tirthankaras), les 4 Mulasutras (lois de base), les 10 Prakirnakas (hymnes), les 6 Chedasutras (discipline pour les ascètes) et les 2 Culikasutras.
Les Digambars, eux, ajoutent le Satkhandagama (description du karma), le Kasaayapahuda (discussion sur les passions) et les Anuyogas.

Les jaïnas considèrent l'Univers comme éternel, sans début et sans fin. Ils diffèrent en cela des hindous qui croient en la création et la destruction de l'Univers.
Les jaïnas divisent les choses en deux catégories :
la substance vivante et pourvue d'une âme (la jiva). On la trouve chez les hommes, les animaux, les plantes mais aussi dans le vent, le feu...
la substance inanimé et dépourvue d'une âme (l'ajiva). on la trouve dans l'espace, la matière, le temps...

La jiva est l'énergie sensible qui caractérise la conscience. Il y en a deux sortes : la jiva libérée (mukta) et la jiva liée (sansari).
Les jivas libérées ont quitté le cycle des vies et des morts, elles résident dans la partie supérieure de l'Univers appelée Siddhashila.
Les jivas liées peuvent être mobiles (trasa jiva) ou immobiles (sthavar jiva), elles se transmettent à travers le cycle des naissances et des morts. Elles sont caractérisées par le nombre de sens dont elles disposent (toucher, ouïe, goût, vue, odorat). Les jivas immobiles ne disposent que d'un seul sens et les jivas mobiles disposent d'un nombre de sens allant de deux à cinq suivant leur degré de connaissance.
Par exemple, les êtres humains et les animaux supérieurs possèdent une jiva mobile pourvue des cinq sens, les insectes possèdent aussi une jiva mobile mais seulement pourvue de deux sens.

L'ajiva caractérise tout ce qui n'a pas d'âme. Les choses qui possèdent une ajiva n'ont pas de naissance, pas de mort, pas de sentiments, elles sont inertes. Les ajivas sont divisées en cinq catégories : dharmastikay (mouvement); adharmastikay (repos); akashastikay (espace); pugdalastikay (matière) et kal (temps).

Les jaïnas sont très attachés au concept de karma. Celui-ci diffère du karma des hindous.
Les jaïnas considèrent le karma comme une substance, subtile et invisible. C'est lui qui retient la jiva et provoque la transmigration des âmes. Pour s'en libérer il faut plusieurs vies de discipline et de pénitence. On atteint alors la libération de la jiva, ou moksha.
Les jaïnas considèrent que toute action a sa conséquence et qu'il n'est pas possible d'y échapper. Ainsi toute naissance est conditionnée par les actions des vies précédentes. L'individu cherchera alors à améliorer son existence en éliminant les mauvaises actions pour se libérer du karma. C'est pourquoi les jaïnas prônent la non-violence (ahimsa). Ils protègent toute forme de vie. Certains jaïnas vont jusqu'à porter une pièce de tissu devant la bouche pour éviter d'avaler des insectes. L'ahimsa n'admet aucune incitation à la violence, qu'elle soit active ou passive et elle englobe le principe de l'anekantavada, ou relativité, qui oblige les jaïnas a adopté différents points de vue et à toujours voir la réalité sous différents angles pour éliminer les idées préconçues.

Les jaïnas doivent suivre trois idéaux : le samyagdarsana (bonne croyance), le samyagjnana (bonne connaissance) et le samyakcarita (bonne conduite). on les appelle les trois joyaux.

Les jaïnas ne vénèrent aucune divinité mais prient les sages et les saints de leur religion.
Il y a diverses formes de rituels jaïnas. La plus important est le pratikraman. Il se pratique quotidiennement et a pour but de se débarrasser et de se repentir des péchés afin de minimiser les liens du karma. Le pratikraman est constitué de six rituels de base : le samayik, la chauvisantho, le vandana, le pratikraman, le kayotsagga et le pratyankhyan.
Durant le samayik, le fidèle est en état d'équanimité pendant 48 minutes. Durant ce temps il se purifie des passions et des désirs en méditant et en récitant des mantras.
Le chauvisantho a pour but l'adoration des 24 Tirthankaras afin de leur témoigner du respect.
Le vandana permet aux fidèles de témoigner leur respect aux moines afin de vaincre l'ego et la rancoeur. Ils leur servent de modèle.
Le pratikraman pendant lequel les fidèles demandent pardon pour les mauvaises actions. Ils cherchent à purifier leurs âmes et promettent de s'améliorer dans le futur.
Le kayotsarga est une forme de méditation pendant laquelle les fidèles se concentrent sur la nature de l'âme et du corps afin de mieux contrôler les activités mentales et physiques.
Le pratyankhyan consiste en une renonciation de certaines activités afin de réduire le flot du karma. Il a pour but de préparer les fidèles à la renonciation totale.

Le symbole sacré des jaïnas représente la paume d'une main au milieu de laquelle se trouve une chakra, puis une svastika (symbole du cycle de la vie) surmontée de trois points (représentant les trois joyaux) et d'un demi-cercle entourant un point (représentant l'âme libéré dans la partie supérieure de l'Univers.)
Précisons ici que la symbolique portée par svastika chez les jaïnas (ou les hindous) n'a évidemment rien à voir avec celle des nazis qui n'ont fait que la reprendre en la souillant et en la détournant de son sens initial.

 

Mahavira Jayanti : Mars/Avril. C'est la principale fête jaïna. Elle célèbre l'anniversaire de Mahavira, le 24è Tirthankara. Les fidèles se rendent dans les sites sacrés comme Girnar et Palitana au Gujarat.

Deep Diwali : Octobre/Novembre. Cette fête célèbre la libération de l'âme de Mahavira du cycle de la vie. Les jaïnas lisent les écritures sacrés et illuminent leurs maisons. La fête a une importance particulière à Pawapuri au Bihar puisque c'est là que Mahavira est mort à l'âge de 72 ans.

Paryushana : Août/Septembre. Elle se déroule pendant huit jours chez les Swetambars et pendant dix jours chez les Digambars. Paryushana marque la retraite des moines en raison de la mousson du sud-ouest qui les empêche de se déplacer dans le pays. Pendant la fête les fidèles oublient les querelles, demandent pardon et renouvellent les liens d'amitiés.